Accueil du site | Plan du site | Contact | Espace privé


> Formations en TIC pour les jeunes au Bénin

Toutes les versions de cet article : [English] [français]

Formations en TIC pour les jeunes au Bénin
Mis en ligne : mardi 8 janvier 2013, par John Rose

COMETE a fourni deux prêts à l’association ACD.





L’Association Caritative pour le Développement (ACD) à Cotonou, Bénin, est spécialisée dans l’éducation, l’apprentissage, la scolarisation et l’insertion des enfants en situation difficile et des jeunes des couches défavorisées. COMETE International a commencé sa coopération avec l’ACD en 2007, quand elle lui a accordé un prêt pour un projet de sensibilisation des populations déshéritées.

A la fin de ce projet, l’ACD a demandé l’aide de COMETE pour un projet plus ambitieux : PROJETIC (Projet d’Introduction de l’Informatique dans les Collèges). Ce projet avait pour but de créer au sein d’une école secondaire publique à Cotonou, CEG Les Pylônes, une unité de formation en informatique, sujet qui n’y était jusqu’alors pas enseigné. L’ACD a demandé à COMETE un prêt de 5.000 € qui a été accordé en juillet 2008 ; cet argent a été utilisé pour construire et pour équiper un centre de formation en informatique dans les locaux de l’école. Du matériel informatique recyclé (23 ordinateurs et 2 imprimantes) a été offert par une association française (ISO, dissolue en 2011) ; l’ACD n’avait qu’à payer le dédouanement et une contribution pour le transport.

L’activité du centre a été développée en coopération étroite avec l’administration de l’école, qui a invité les étudiants à s’inscrire à une formation en informatique (obligatoire pour les élèves du 1er cycle et facultative pour le 2nd cycle) moyennant une cotisation versée à l’ACD. Ces cours pratiques, centrés sur la bureautique et l’utilisation d’internet, ont commencé sur l’année scolaire 2008-2009. A partir de l’année scolaire suivante, le Ministère de l’Enseignement Secondaire et de la Formation Technique et Professionnelle a pris en charge la rémunération des formateurs (professeurs d’informatique) au nombre de 4. Avec ce soutien les élèves ne payent qu’une contribution minime de 1.500 F CFA (2,28 €) par an, comparé à 2.500 F CFA sans la subvention de l’État. Sur l’année 2008-2009, plus de 1.500 élèves ont suivi la formation en informatique, et 1.800 élèves sur l’année 2009-2010 ; le programme continue à ce jour avec un effectif d’élèves comparable.

Deux sessions de formation en informatique pour les personnes extérieures (professeurs, fonctionnaires, etc...) ont été organisées pendant les vacances d’été 2009 avec une ONG locale, Fondation Magnificat. Cette activité très réussie n’a pas pu être poursuivie sans risques de détérioration du parc informatique ; l’ACD recherche une aide sous forme d’ordinateurs recyclés afin que le centre Les Pylônes puisse développer pleinement une coopération avec les populations environnantes.

Ce projet permet à des milliers de jeunes de recevoir une formation en informatique et favorise ainsi leur insertion socioprofessionnelle. Des jeunes diplômés universitaires en informatique en ont aussi bénéficié en trouvant un emploi comme professeur en informatique. A partir de l’année scolaire 2010-2011, les activités du centre ont été pérennisées, et l’ACD avait accumulé en avril 2010 des revenus suffisants pour rembourser le prêt de COMETE en deux ans au lieu des trois ans prévus.

L’ACD a alors demandé à COMETE un nouveau prêt de 5.000 € (y compris le capital non encore remboursé du prêt en cours) pour créer un télécentre communautaire à un quartier défavorisé de Godomey, arrondissement de la ville d’Abomey-Calavi à 13 km de Cotonou. Ce nouveau prêt de trois ans a été accordé en juillet 2010, et ces fonds ont été immédiatement utilisés pour aménager et équiper (10 ordinateurs en réseau, imprimante laser, ligne téléphonique, accès internet) le nouveau centre qui a aussitôt débuté ses activités.

La population cible du télécentre de Godomey comprend les jeunes déscolarisés en situation difficile et les jeunes issus des couches défavorisées. On leur offre une formation en informatique d’une longue durée (au moins 9 mois) assortie d’un diplôme reconnu sur le plan national. Les apprenants ne payent pas la formation, ils payent seulement 5.000 F CFA (7,62 €) pour les droits d’inscription. Le modèle économique choisi est de subventionner les coûts de cette formation par les revenus des services offerts au public sur une base commerciale (internet, téléphone, saisie/impression/gravure). Pour ces derniers services, le centre peut faire concurrence aux cybers privés parce qu’il opère à but non lucratif.

Deux ONG locales (Eco Plus Bénin, Fondation Magnificat) sont associées au projet ; elles participent, d’une part, à la définition des modules et à l’organisation de la formation, et d’autre part au choix des jeunes bénéficiaires et à leur insertion professionnelle. A la longue il est prévu que le télécentre devienne un "bien commun" des populations cibles qui participeront activement à sa gestion.

Sur le plan social le télécentre a été une réussite : sur la période de juillet 2011 à juillet 2012, 173 jeunes ont suivi une formation en informatique, formation certifiée par un diplôme favorisant leur insertion professionnelle. Mais les contraints économiques obligent parfois le centre à réserver moins d’ordinateurs pour la formation pour laisser place aux activités financièrement rentables, ce qui entraîne un allongement de la durée de la formation pour les apprenants et engendre des charges supplémentaires pour le centre. L’équilibre financier du centre dans son ensemble reste précaire, fragilisé par la nécessité d’acquérir un équipement de connexion à internet plus performant et un groupe électrogène qui prend le relais en cas de coupure d’électricité. COMETE s’associe actuellement avec l’ACD pour rechercher des mesures efficaces pour pérenniser le centre, tout en consolidant et en étendant son impact sur le développement de la communauté locale.

Cette expérience démontre que recourir à des prêts plutôt qu’à des dons peut être intéressant pour soutenir les projets de développement, même pour les petites associations ne travaillant pas forcément dans le domaine de la finance : cette approche peut faire perdurer un capital limité de l’association aidante, et oblige les deux parties à considérer dès le début d’un projet l’importance d’une pérennisation de l’activité aidée.